homme avec jumelles simbolisant les etudes economiques sur les defaillances d'entreprises d'Euler Hermes

Accélération historique du nombre des défaillances d’entreprises dans le monde en 2009 : +35%

Analyse de la société Euler Hermes SFAC

Euler Hermes SFAC prévoit une augmentation des défaillances de +35% en 2009 après +27% en 2008. Cette augmentation est la conséquence directe de la crise économique et financière. (Paris, 04/06/2009)

« Dans un contexte de récession mondiale majeure, c’est à un nombre considérable et historique de défaillances d’entreprises partout dans le monde que nous devons faire face, au moins jusqu’à la fin de l’année 2009. La progression de notre indice globale des défaillances est anticipée à +35%, commente Karine Berger, directrice des études Euler Hermes SFAC. Il est peu probable que le niveau de défaillances d’entreprises retombe en 2010 : il arrêtera sans doute de progresser mais le trop faible souffle de reprise anticipée ne permettra pas de sauver beaucoup plus d’entreprises que cette année ».


  • 1. Bilan 2008 : rebond significatif de l’indice global (+27%)


L’Indice global des défaillances (IGD) qui synthétise l’évolution des défaillances d’entreprises dans le monde est ressorti en forte hausse en 2008 (+27%, contre +25% prévu). La tendance à l’accélération des défaillances s’était amorcée dès 2007 (+4%) du fait d’un nombre croissant de pays déjà touchés par un rebond des faillites d’entreprises. En 2008, la décélération de l’activité mondiale au 1er semestre (dans un contexte difficile d’explosion des prix des matières premières), puis surtout son brutal et violent effondrement en seconde partie d’année s’est traduit par une dégradation rapide de la situation financière des entreprises, une accélération de leurs difficultés de paiement et in fine une envolée des défaillances, en particulier au 4ème trimestre. Mais si le scénario s’est avéré quasi identique dans tous les grands pays, à l’exception notable de l’Allemagne, celui-ci a pris une tournure exceptionnelle dans plusieurs pays comme l’Espagne (+187%) et le Portugal (+67%), l’Irlande (+113%) et le Royaume-Uni (+31%), l’Italie (+45%), le Danemark (+67%), sans oublier les Etats-Unis (+45%).

« La détérioration de la sinistralité des entreprises a été plus rapide et plus forte dans les pays où le poids de l’endettement dans les bilans des entreprises est le plus élevé (Etats-Unis, Espagne, Royaume-Uni). Les pays où le poids des fonds propres dans les actifs de certains entreprises sont encore insuffisants ont également été rapidement frappés (France, Italie). La remarquable stabilité des défaillances d’entreprises en Allemagne l’an passé peut en particulier s’interpréter par la structure capitalistique des entreprises allemandes», analyse Karine Berger.


  • 2. Perspectives 2009-2010: un bilan 2009 record


Après un 1er trimestre 2009 très déprimé, dans la lignée de la fin d’année 2008, la récession mondiale majeure qui se profile pour l’ensemble de l’année 2009, la plus sévère jamais enregistrée depuis l’après seconde guerre mondiale, appelle de longs et douloureux processus d’ajustements dans les entreprises. En se prolongeant dans la durée et en se propageant progressivement à la majorité des secteurs d’activité, la contraction des pays développés risque de prolonger et d’accentuer le rebond des défaillances. Celui-ci s’est déjà confirmé sur le 1er trimestre 2009 avec des hausses, en glissement annuel, dépassant 15% (France, Autriche, Suisse), 20% (Belgique), 30% (Portugal), 40% (Royaume-Uni) et des situations plus dégradées encore avec un doublement des faillites en Irlande et au Danemark, et plus qu’en triplement en Espagne. Alors que certains pays s’orientent vers des niveaux record de sinistralité, l’Indice global des défaillances devrait connaître une hausse très significative en 2009 (+35% en moyenne annuelle).

« Pour beaucoup d’entreprises qui ont puisé dans leur trésorerie pour tenter de passer le choc des trois derniers trimestres, quelques mois supplémentaires d’absence de carnets de commandes ou de débouchés suffiront à les emporter vers le dépôt de bilan, note Karine Berger. De ce point de vue, un vrai changement s’est opéré au cours de ces derniers mois : si, à l’automne 2008, nous pouvions écrire que les deux principaux secteurs qui étaient touchés par le choc étaient la finance et le bâtiment, le gros des entreprises défaillantes est désormais comptabilisé dans les secteurs industriels: automobile (General Motors, Chrysler), chimie (Lyondell aux Etats-Unis), biens intermédiaires (Qimonda AGen Allemagne), télécommunications... Le commerce et le transport sont également touchés de plein fouet, et parallèlement, les chiffres d’affaires moyens des entreprises défaillantes ont très fortement progressé ».


FOCUS France : Perspectives 2009-2010: +25%

Comme dans la majorité des pays, les prévisions ne cessent d’être révisées à la baisse, le repli du PIB pour la France atteindrait quelques -3 % en 2009. Aucune amélioration réelle n’est envisagée avant la fin de l’année, les mesures du plan de relance et de soutien aux entreprises mettant du temps à produire des effets. Les procédures collectives ont progressé de 17% sur les 4 premiers mois 2009 par rapport à la même période de l’an dernier. De nombreuses entreprises en situation délicate surmonteront difficilement cette période de récession, et on s’attend à une progression de 25 % du nombre de défaillances en 2009, qui franchirait la barre des 73 000, dépassant le niveau historique (plus de 64 800 défaillances) de la dernière récession de 1993, lorsque le PIB avait reculé de -0,8 %. Sur le plan réglementaire, les modifications de la loi de sauvegarde (Ordonnance du 18 décembre 2008) sont entrées en vigueur le 15 février 2009, et les nouvelles dispositions élargissent l’accès à cette procédure à un plus grand nombre d’entreprises.

Focus Allemagne : Perspectives 2009-2010 : proche des records de faillites (+20%)

Modéré jusque début 2009, le rebond des faillites d’entreprises risque de s’accélérer très significativement sur les prochains trimestres. Euler Hermes SFAC s’attend à enregistrer l’une des plus fortes envolées d’insolvabilité de l’Allemagne. Celle-ci pourrait approcher 20 % en 2009, avec environ 35 000 défaillances, avant de se poursuivre en 2010 à un rythme de plus de 10 % l’an qui aboutirait à un nombre total de près de 39 000 défaillances qui serait, proche du record historique enregistré en 2003 avec 39 320 cas. Ce chiffre résulte directement de l’épisode dramatiquement récessif que traverse l’économie et qui devrait se traduire par une contraction historique du PIB en 2009.


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