Euler Hermes, les entreprises et la crise économique
Euler Hermes plus que jamais au côté de ses clients malgré la conjoncture avec une couverture globale en augmentation de 1%.
Interview avec Michel Mollard, Président d’Euler Hermes SFAC, membre du directoire du groupe Euler Hermes en charge des fonctions commerciales.
23.03.2009
Pouvez-vous nous parler du climat économique actuel et de ses répercussions sur les entreprises ?
Protéger sa trésorerie est plus que jamais au cœur des préoccupations des entreprises. Même en période de croissance économique, 33% des factures sont payées en retard. Ce risque s’accroît inévitablement en période de crise et l’on observe que pour dégager les liquidités nécessaires à leur fonctionnement, la plupart des entreprises (42%) décident de reporter le paiement de leurs fournisseurs.
Ne serait-ce que dans la zone euro, avec des prévisions de contraction de l’activité d’au moins 3% en 2009 et une hausse de 25% des défaillances, ces retards et défauts de paiement vont logiquement s’accroître et déstabiliser les entreprises. Licenciements, restructurations et recapitalisations sont autant de signes forts qui révèlent l’importance cruciale de la trésorerie pour une entreprise.
Dans ce contexte, l’attention particulière accordée par les médias au crédit inter-entreprises a bénéficié à l’assurance-crédit, désormais mieux connue et mieux comprise.
Quelle est la valeur ajoutée d'Euler Hermes dans cette crise économique ?
Depuis plus de cent ans, Euler Hermes a investi massivement dans l’information dite « propriétaire ». Contrairement à d’autres informations issues d’une multitude de sources différentes, par définition historiques et souvent publiques, notre information propriétaire est vivante, dynamique. Mises à jour en permanence, elle nous permet de comprendre la manière dont les entreprises font face à la crise dans plus de cinquante pays.
Cette connaissance du risque est gage de stabilité dans un paysage économique en mutation. Dans tous les pays où le groupe Euler Hermes est présent, elle nous permet une évaluation du risque de crédit avec la même cohérence. Nous sommes souvent les premiers à savoir qu’une entreprise est en difficulté, et donc qu’une action de recouvrement peut devenir nécessaire. Les assurés qui ont besoin de ce service bénéficient de procédures adéquates et adaptées à leur situation. En complément de cette prestation, nous avons également lancé un nouveau service de recouvrement de créances pour le compte de tiers, pour les entreprises qui ne sont pas assurées crédit.
Comment entretenez-vous vos relations avec vos clients ? Quand est-il de votre exposition globale ?
L’assurance-crédit n’est pas une assurance ordinaire. Nos assurés ne rangent pas leur contrat dans un placard, pour ne l’en sortir qu’en cas de sinistre. C’est un partenariat actif qu’Euler Hermes propose et nous nous engageons auprès de nos 57 000 clients à les conseiller dans la durée. Nous leur donnons des limites de crédit et les informons sur la solidité financière de leurs clients.
Dans le cadre de relations commerciales satisfaisantes pour les deux partenaires, nous cherchons à offrir à nos clients les garanties qu’ils souhaitent. Cependant, comme ils partagent avec nous ce risque, notre rôle est aussi de les protéger. Dans un environnement trop instable, il est parfois impossible d’accorder certaines garanties. C’est alors au client de décider s’il veut poursuivre en s’auto–assurant ou renoncer à conclure sa transaction commerciale..
Ceci étant dit, en 2008, en pleine crise, nous sommes restés du côté de nos clients autant que possible. Nous n’avons pas réduit notre couverture globale, qui a même légèrement augmenté. Cette évolution n’a été possible que grâce à la grande fiabilité et la bonne circulation de nos informations.
Nous travaillons avec certains gouvernements au développement d’une garantie complémentaire lorsque le risque, trop important, ne peut être supporté par un seul acteur. Cette garantie permet à une entreprise qui obtient une couverture, par exemple à hauteur de 50% de sa demande initiale, de la compléter avec une couverture supplémentaire garantie auprès de l’Etat.. Nous avons ainsi contribué à la création et soutenu la solution française du Complément d’Assurance-Crédit Public (CAP), et nous menons des discussions similaires avec d’autres gouvernements européens.
Qu'en est-il du débat actuel sur ce que l'on appelle les "bonnes décisions comemrciales" ?
Nos prises de décision font parfois débat lorsque nos clients veulent poursuivre leurs opérations commerciales et que nous les informons que leurs acheteurs, anciens ou nouveaux, présentent un risque financier important que nous ne pouvons garantir. Ce type de débat se rencontre déjà quasi quotidiennement dans les entreprises entre directeurs commerciaux et credit managers. Les uns veulent accroître les ventes, les autres protéger la trésorerie… Cet antagonisme, que je qualifierais de sain dans une entreprise, peut effectivement s’accentuer en temps de crise. De notre côté, nous restons clairement orientés clients pour la simple et bonne raison que ce qui est en jeu, ce sont leurs pertes financières et au bout du compte, les nôtres… La perte d’un client n’est pas une option pour nous. Par conséquent et partout où cela est possible, répondre aux besoins de nos clients, rester à leur écoute et être attentifs aux changements auxquels ils sont confrontés est pour nous un engagement de chaque instant

